Quel est le taux de survie de MORFO ?

Source de l'image : MORFO
4 mai 2026

C'est l'une des premières questions qu'on nous pose en rendez-vous, et c'est la bonne. Le taux de survie est l'indicateur le plus lisible qu'un partenaire de restauration peut mettre sur la table. Il est comparable, facile à vérifier, et il dit à un acheteur ou à un fonds si une plantation a vraiment tenu. Quand un client le demande, ce qu'il cherche en réalité à savoir, c'est : est-ce que vous savez ce que vous faites sur le terrain.

La réponse honnête, c'est qu'il n'existe pas un taux de survie unique pour MORFO. La survie dépend de la méthode de plantation et du terrain. Nos clients nous confient une parcelle. Notre travail consiste à trouver le meilleur ratio entre coût et résultat sur cette parcelle précise. La survie est l'un des éléments qui définit ce ratio, au même titre que la densité, la diversité d'espèces, la biomasse et la fonction écologique.

Derrière chaque méthode que nous recommandons, il y a un choix stratégique. Cet article donne la forme générale de ces choix. La façon dont nous les calibrons sur un site donné, c'est le travail lui-même, et une partie significative reste avec nos clients plutôt que dans un article public.

Trois profils de plantation, trois courbes de survie

La même parcelle plantée de trois manières différentes produit trois profils de survie différents. Chacun a du sens dans un contexte différent.

Les mudas issues de pépinière à six mois offrent la meilleure survie par individu des trois options. Elles sont hautes, robustes et bien enracinées au moment de la plantation. Elles sont aussi les plus coûteuses : un cycle de pépinière de six mois implique des infrastructures, de la main-d'œuvre, du transport, et toute une logistique en amont. C'est le bon choix quand le terrain exige un établissement contrôlé : zones APP, corridors riverains, espèces sensibles, pentes fortes, ou projets dont le cadre réglementaire ou commercial impose une survie élevée par individu.

Les mudas à deux ou trois mois sont plus petites, moins lignifiées, et survivent moins bien. Le coût par unité plantée baisse, le cycle de production est plus rapide, et sur le bon sol avec un suivi adapté, elles rattrapent leur retard. Elles ont du sens quand la capacité de pépinière est le facteur limitant, ou quand la fenêtre de plantation est serrée et qu'attendre six mois ferait perdre une saison.

La muvuca (semis direct d'un mélange d'espèces natives) affiche une survie par individu nettement plus basse que les mudas, parce qu'une partie des graines ne germe jamais, est prédatée, ou échoue dans les premières semaines. La muvuca compense par le volume semé, une logistique plus simple (pas de pépinière, pas de transport individuel), un déploiement mécanisé plus rapide, et un coût à l'hectare beaucoup plus bas. Sur un site sans pépinière à proximité, loin d'un aéroport, ou ouvert à la mécanisation, le ratio coût/résultat penche souvent en faveur de la muvuca, même avec une survie plus faible. La métrique pertinente cesse d'être "quel pourcentage d'individus ont survécu" et devient "combien d'individus établis par hectare, de combien d'espèces, à quel coût".

La même méthode se comporte aussi différemment selon ce qu'il y a en dessous. Texture du sol, matière organique, rétention en eau, pente, accès, présence d'une pépinière dans la région, distance à un aéroport pour la logistique drone, pression des graminées invasives, pression des fourmis, historique d'usage des sols : tous ces facteurs déplacent le taux de survie, le coût, ou les deux. Une muda de six mois plantée sur une argile lourde compactée sans ombrage peut sous-performer une muvuca semée sur un sol fraîchement disqué et biologiquement actif. L'inverse est aussi vrai.

Comparer des taux de survie entre projets sans décrire le terrain n'est pas une comparaison. C'est un slogan. Nos chiffres de référence sur les projets récents que nous gérons se situent dans une fourchette d'établissement de 70 à 85% à 24 mois, mais cette fourchette est le résultat de dizaines de décisions zone par zone, pas une cible appliquée uniformément. Un même terrain peut porter mille plans de restauration possibles.

MORFO Ri, la plateforme derrière chaque choix de méthode

Choisir la bonne méthode sur une zone donnée n'est pas une décision prise en réunion. Elle s'appuie sur des données, sur des projets antérieurs, et sur un travail scientifique consolidé sur plusieurs années. MORFO Ri est la plateforme que nous avons construite pour rendre ces décisions structurées, sourcées et traçables.

Elle fusionne quatre sources de données par site : imagerie satellite, relevés drone, mesures terrain (analyses de sol, inventaires floristiques, données par parcelle), et modèles. Les modèles intègrent les fondations scientifiques développées par MORFO avec nos partenaires Embrapa, UFV et UFSCar. Chaque recommandation, par zone, est ancrée dans ses sources.

C'est ce qui nous permet de passer de "le taux de survie de MORFO est de X%" à "sur votre zone 3, avec ce sol, cette pente, cette pression invasive, cet accès, cette méthode délivre Y% d'établissement pour Z de coût à l'hectare".

La survie n'est pas qu'un indicateur. C'est aussi un engagement.

Sur chaque site que nous opérons, MORFO suit le taux de survie, la densité et la diversité d'espèces, le couvert au sol par espèces natives et invasives, et la mortalité avec une répartition spatiale. Quand le carbone est dans le périmètre, nous ajoutons la mesure de biomasse aérienne.

En général, sur le marché de la restauration, l'entreprise de plantation est payée pour ce qu'elle plante, pas pour ce qui survit. Si 30% des plants échouent la première année, c'est au client de payer pour replanter. Le partenaire n'a aucun risque à la baisse si le site sous-performe, et aucun gain si le site sur-performe.

MORFO propose plusieurs structures différentes. Pour les clients qui veulent une garantie forte, nous pouvons prendre la première année à notre charge : si une zone échoue à s'établir, nous revenons replanter dans l'année, à nos frais. Pour ceux qui veulent aligner les incitations sur le plus long terme, nous mettons une partie de notre rémunération au risque sur des résultats convenus en amont : survie, établissement, biomasse à des points de suivi définis. Si votre site sous-performe, nous perdons de l'argent. S'il sur-performe, nous gagnons davantage. Les mécanismes exacts varient par projet. Le principe reste le même : nous partageons le risque avec vous parce que nous nous engageons sur ce qui s'établit au sol, pas sur l'acte de planter.

Ce n'est crédible que grâce à la pile de diagnostic et de suivi qui le permet. Nous projetons la performance par zone avant de planter, et nous la vérifions en continu ensuite. Nous nous engageons sur ce que votre terrain peut réellement délivrer, zone par zone, pas sur un chiffre unique appliqué uniformément à un site hétérogène. Un engagement de survie global sur un terrain fragmenté, aux pentes, sols et pressions invasives variables, n'est pas un engagement sérieux. Une projection zone par zone, avec une méthode adaptée à chaque zone et un suivi qui détecte les écarts tôt, en est un.

En pratique

Le taux de survie est la bonne question à poser. La réponse utile est celle qui explique quel sera le taux de survie sur votre terrain, compte tenu de votre topographie, de votre pression invasive, de vos accès, et de la méthode que nous recommandons. Cette réponse demande un diagnostic pour la produire, et un dispositif de suivi pour la vérifier dans la durée.

Notre valeur comme partenaire, c'est la capacité à adapter la méthode au terrain, pas à défendre une approche unique. Les mécaniques précises de cette adaptation restent là où elles doivent rester, dans le travail que nous menons avec nos clients. Ce que nous partageons ici, c'est la logique, pas la recette.

Pascal Asselin
Co-fondateur et Directeur Général (DG)
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